Blanc et noir

( Point de vue du Roi Démon )

En voyant que même Gyurigyuri comprend mes actions malgré sa grimace, je suis soulagée.
Vu que persuader Gyurie était mon premier problème à chaque fois que j’agissais, c’est un énorme progrès de voir que c’est à présent fini.
C’est énorme que Gyurie soit devenu mon subordonné même si ce n’est que pour la forme d’après ce qu’il dit.
Grâce à ça, je peux faire de Gyurie ma mule maintenant qu’il l’a accepté.
Même si mentalement son état a l’air compliqué, il va coopérer à contrecœur maintenant qu’il comprend la nécessité.

On peut même dire que j’ai fini par avoir mon pire ennemi de mon côté d’une certaine façon.
J’étais préparée à me battre contre Gyurie dans le pire des cas .
Et dans ce cas précis, ma défaite est inévitable.
Toujours dans ce cas, la pensée allant avec est « Oh, tant pis », mais si possible je voudrais vivre et finir ce que j’ai commencé.

Je suis restée passive jusqu’à présent.
J’ai laissé les Reines Taratects à différents endroits produire des subordonnées puis les rendre plus fortes.
D’ailleurs, j’ai placé un autre subordonné pas loin du village des elfes pour les intimider et faire en sorte qu’ils ne commencent pas à se sentir trop à l’aise.
Dans les faits, ce n’est pas très utile.
Je ne peux pas briser la barrière du village des Elfes.
Potimas le sait, je n’ai même pas réussi à y faire une fissure.
J’ai fini par le réaliser.

Je n’ai rien fait d’autre qu’obéir aux ordres de Sariel Sama jusque là tout en laissant mes semblables faire les efforts pour ce monde et mourir.
J’ai accumulé mon pouvoir pendant tout ce temps.
Le moment de payer l’ardoise que j’ai tenue jusque là est arrivé.
Je me suis dit que si j’étais battue par Gyurie, tant pis, tant que le pouvoir retourne au monde, ça me va.

Je ne m’attendais pas à ce que mon autre pire ennemi soit dans le même cas.
Je regarde cet ancien pire ennemi pendant un instant.
Une fille blanche de la tête au pied et sans expression.
Une beauté harmonieuse presque irréelle.
Puisque ses propres yeux la dérange elle garde les yeux fermés donnant la sensation que c’est artificiel.

Hmm.
Bishoujo.*
En tant que fusion avec l’ancien Corps-en-charge, je ne m’étais pas rendue compte que j’étais une telle Bishoujo, mais maintenant que je la regarde de mon point de vue de personne différente, c’est une très jolie fille.
Puisqu’elle a certains de mes traits, elle n’a pas l’air d’être la même que dans son ancienne vie, cependant, une incroyable Bishoujo.
Pourquoi est ce que je ne m’en suis jamais rendue compte ?*
Plutôt étrange.

(*Bishoujo : Jolie fille ou Jolie garçon. Dans le cas du garçon, garçon efféminé.)
(* Ici elle parle en tant que Corps-en-charge plus qu’en tant que Roi Démon)

Et, même si je suis à moitié elle à l’origine, pour être honnête, je ne suis pas capable de savoir à quoi elle pense.
Son visage ne change pas et elle ne parle pas du tout.
A quoi pense t-elle ? Ou pense t-elle au moins à quelque chose ?
Je ne sais même pas.
Quand j’imagine qu’elle peut penser à quelque chose de compliqué et détaillé, elle pourrait ne penser à rien du tout.
Trop d’intensité et donc les prédictions sont impossibles.
Puisqu’elle est fidèle à ses désirs, ça ne pose pas de problème si je la tente avec de la nourriture pendant un moment.
Bon, tant que j’ai de telles conditions de mon côté c’est gérable, Gyurie va m’accompagner donc tout se passe pour le mieux au final, non ?

« Dans ce cas nous allons commencer à agir, mais pour le moment nous devons retourner dans le territoire des Démons. »
« Ah, désolé, mais je vais partir pendant un moment. »
« Hmm ? Pourquoi ? »
« Je vais fouiller l’étoile encore dans chaque recoin pour voir s’il reste des souterrains comme celui ci »
« Ah. »

C’est vrai que c’est important.
Je ne savais pas que ce genre de souterrain avait survécus.
Ils auraient tous du être détruit au moment où le système a été mis en marche.
Enfin, je ne pense pas qu’il y en ait d’autres, mais c’est mieux de vérifier.

« Dans ce cas, je te laisse t’en occuper, Gyurie. »
« Umu. Quand tu pars, détruis cet endroit complètement aussi. »
« Oui. »

Ce serait un problème si les humains le découvrait.
Est ce que c’est une bonne chose que Kumo-chan ait trouvé cet endroit ?
Muu.
Peut être que je devrais arrêter de l’appeler Kumo-chan maintenant.
Après tout, nous sommes plus ou moins camarades à partir de maintenant.

« Dans ce cas allons y. Wakaba-chan, ou est ce que je dois t’appeler Hiiro-chan ? »
« Je déteste les deux. »

Hmmm ?
Elle vient de parler ?!
Eh, oh, hun ?
Ah, non, bien sûr qu’elle sait parler.
Elle n’est pas vraiment muette.
Hun, hun.

Mais pourquoi déteste t-elle son nom ?
Elle ne devrait pas avoir de souvenir déplaisant lié à son vrai nom il me semble.

« Alors comment dois-je t’appeler ? »
« Pourquoi pas Shiraori ? »

D qui était restée silencieuse jusque là s’immisce dans la conversation.

« Tu es presque un membre de ma famille, donc je te donne le nom en tant que Dieu, qu’en penses tu ? »

Après y avoir réfléchi pendant quelques instants, elle acquiesce lentement.
Même si je ne sais pas à quoi elle pense au fond de son cœur puisque son visage ne change pas d’expression, on dirait qu’elle l’accepte.

« Dans ce cas est ce que je peux t’appeler Shiro-chan ? »

Un acquiescement.
Quand c’est Shiraori-chan, cela sonne bizarrement.

« Ah, dans ce cas, Gyurie est Kuro-chan »
« Pourquoi est ce que cela tourne comme ça ? »

Gyurie répond à ce que j’ai dit sur un coup de tête et semble étonné.

« Tsk, tsk, tsk. Gyurie est pratiquement le Dieu Dragon qui est devenu une légende, pas vrai ? Même si ton vrai nom n’est pas tant resté dans la légende, tu ne sais pas quand est ce que ton identité sera révélée donc tu devrais au moins falsifier ton nom. »

Je donne une raison qui me semble probable.
Gyurie ne dit rien pendant un moment et acquiesce lentement.

« Bien, dans ce cas, j’accepte. »

Ah, il a juste accepté avant que ça ne devienne un problème.
Un Dieu qui ne résiste pas à la pression sur ce genre de sujet n’est pas un cadeau.
C’est pour ça qu’il a toujours le mauvais rôle et que par conséquent il ne fait qu’échouer.
Il a pourtant l’air coriace.

(Correction Kasaya)

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