Descendants du Cauchemar

Cette chose est sur le rocher ;
Huit yeux rouges qui me regardent froidement.
Sa taille n’est pas très impressionnante, mais son aura est la plus forte que j’ai pu ressentir chez un monstre jusqu’ici.

Je ne peux pas bouger.
Les autres sont dans le même état que moi.
Nous ne pouvons pas bouger d’un centimètre comme si nous nous étions changés en pierre.
On dirait que nos cœurs à tous ont arrêté de battre en voyant le monstre araignée blanc apparaître.

« Héros ? »

Soudainement, une voix se fait entendre.
Ce n’est pas un son.
C’est de la télépathie.
Et ce n’est pas quelque chose qui m’est destiné.
J’ai juste pu espionner la conversation qui était dirigée vers quelqu’un d’autre.

« Héros. »

Et ce « quelqu’un » apparaît en un instant.
A vrai dire, elles sont partout autour de nous.

« Roi ? »
« Roi. »
« Roi. »
« Impossible à Analyser ? »
« Impossible à Analyser. »
« Impossible à Analyser. »
« Roi ? »
« Roi. »
« Roi. »
« Personne réincarnée ? »
« Personne réincarnée. »
« Personne réincarnée. »
« Mais, faible ? »
« Faible. »
« Faible faible. »

Je peux capter la télépathie venant d’ici et là.
Avant de m’en rendre compte, le sol, les murs, le plafonds, partout autour de nous.
D’innombrables yeux rouges.
D’aussi loin que je peux voir, les araignées sont toutes blanches.

Je n’arrive plus à réfléchir en voyant une scène pareille.
Non, réfléchis.
Elles peuvent communiquer et se comprendre entre elles.
Et il y en a deux parmi ceux là que je suis obliger de faire remarquer.

« Est ce que vous êtes au courant pour les réincarnés ? »

Je finis par me décider et parle.
Même si Basgas-san a les yeux exorbités, je dois demander à tout prix.

« Moi je sais. »
« Moi je sais. »
« Impossible de ne pas savoir. »

Des réponses me parviennent.
C’est possible d’être compris.
Ce ne sont pas des monstres dénués d’intelligence.

« Pourquoi savez vous ? »

« Maître. »
« Maître. »
« Mère. »
« Mère. »

« Est ce que le Maître est une personne réincarnée ? »

« Tu le sauras bientôt. »
« Tu le sauras bientôt. »
« Tu le sauras immédiatement. »
« Tu le sauras entièrement. »

« Que voulez vous dire ? »

« Déclaration. »
« Phrase. »
« Le début de la fin. »
« La création du monde. »
« La destruction du monde. »

Les ombres blanches disparaissent disparaissent alors graduellement.

« Attendez, qu’est ce que vous voulez dire ?! »

« Pas besoin de le savoir. »
« Tu mourras de tout façon. »
« Tout le monde mourra. »
«  Bats toi et survis. »

J’ai l’impression que les Descendants disent ça comme s’ils allaient nous ignorer jusque là.
Et ainsi les Descendants du Cauchemar ont disparu devant nous.

*

« Espèce d’idiot ! »

Le poing de Basgas-san me frappe le visage.
Je reçois le coup sans résister.
Hyrinth-san bloque Basgas-san alors qu’il allait à nouveau me frapper.

« Il me semblait te l’avoir déjà dit ! Tes camarades vont finir par mourir si tu continues à agir sans réfléchir ! »

Basgas-san continue de crier dans ma direction alors qu’il est ceinturé.

« Allons, allons. Puisque il n’est rien arrivé, pourquoi s’énerver ? »

Sensei intervient et Basgas-san arrête de bouger.
Même s’il n’a pas l’air d’être complètement calmé, il ne donne pas l’impression de vouloir continuer à être violent.

« Je suis désolé. C’était quelque chose que je devais demander à tout prix. »
« Même si tout le monde risquait de mourir ? »

Je le regarde surpris.
Dis comme ça je ne peux pas le contredire.

« Je me fiche que tu meurs de ton côté gamin. Mais ne force pas les gens à mourir avec toi. Si tu veux te suicider, fais le sans nous impliquer. »
« Basgas-san, détendez vous. »

Même si Sensei essaye de le faire taire, je sais qu’il a raison.
Dans le seul but de savoir, j’ai décidé arbitrairement de communiquer avec les dangereux Descendants du Cauchemar.

Basgas-san pousse Hyrinth-san sur le côté.
Est ce qu’il pense que ça ira ? Hyrinth-san a relâché Basgas-san facilement.
Basgas-san va alors s’asseoir sur un rocher assez loin.
De ce que je peux voir, son visage m’inquiète.
Basgas-san a dit qu’il avait rencontré le Cauchemar il y a longtemps.
Son traumatisme a peut être été stimulé par les Descendants.

Alors que j’observe le reste du groupe, Katia et Anna s’assoient et Hyrith-san semble très pâle.
Il n’y a que Sensei qui semble calme.

« Est ce que ça va ? »

Je parle à Katia et Anna qui sont assises par terre.

« Je ne peux plus me lever. »
« J’ai honte. »

Elles me regardent avec des visages qui semblent sur le point de pleurer.
Elles ont la chair de poule ce qui veut dire qu’elles ont vraiment eu très peur et que cette rencontre fut difficile.
Même si les descendants ont un physique relativement petit, être entouré par des araignées aussi grandes est déplaisant.
Même moi j’étais mal à l’aise, donc je n’imagine pas pour le groupe des femmes.
(note : Clairement il se rend pas compte de ce qu’il vient de voir et il ne comprend pas la réaction des autres. Il vient de voir au minimum une trentaine d’araignées qui ont une force au minimum deux fois supérieure au Dragon qu’il vient de tuer ( je spécule là mais je pense pas me tromper), mais il pense sincèrement que le problème c’est que c’était juste de très grosses araignées et que c’est pour ça que les autres réagissent comme ils le font. »

« Comment Sensei fait pour être aussi calme ? »
« Non. Je ne suis pas calme, d’accord ? Même si j’ai une apparence mignonne, tu ne sais pas ce qu’il se passe à l’intérieur »
« Mignonne… »

Ah, ce n’est pas une création de personnage, mais j’ai l’impression qu’elle aime cette apparence.
Après tout, Sensei aimait aussi les choses étranges dans son ancienne vie.
En tout cas on dirait qu’elle a vraiment quelque chose avec les araignées.
Je ne m’y attendais pas.

« D’ailleurs, Que penses tu de ce qu’ils ont dit ? »

Beaucoup de choses étaient très mystérieuses.

« Je ne sais pas, je n’ai pas suffisamment d’information. »

Dans un premiers temps, Qu’est ce que sont ces monstres que l’on nomme les Descendants du Cauchemar ?
Puisqu’ils ont pu avoir nos informations, on dirait bien qu’ils avaient une compétence « Analyse » de haut niveau.
De plus, ils sont suffisamment intelligents pour comprendre le langage humain.
Ils ont fait preuve d’une discrétion incroyable puisque je n’ai pas remarqué leur présence.
La coopération entre camarades au point de se servir de télépathie.
Même le plus faible en était sans doute capable.
Si j’avais eu à me battre….
Je ne pense pas que j’aurais pu gagner.

« Le début de la fin. Tout le monde va mourir, huh ? »

Des paroles pleines d’horreur.
Ces mots flottent doucement dans ma tête et semblent vouloir y flotter encore et encore sans jamais partir.

 

(Correction Kasaya)

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