(Point de vue de Shun)

Direction le village des elfes

Sensei a reçu un rapport disant que l’armée avait envahi le village Elfe via une télékinésie.
Le drapeau brandit par l’armée est celui de l’empire Rengzant.
L’armée dirigée par Yuugo.

Sensei a reçu le rapport et a déclaré sans hésitation que nous devions y aller.

« Nous ne pouvons pas ignorer Yuugo plus longtemps. Je vais me rendre au village des elfes et l’intercepter. »

Les yeux de Sensei sont remplis de détermination.
Hyrinth-san lui ouvre la bouche comme s’il avait quelque chose à dire.

« Et donc ? Comment fait on pour nous rendre au village Elfe ? »

Le village des Elfes se situe dans la partie la plus reculée d’une forêt épaisse. C’est un endroit considéré comme une terre sacrée.
Elle est placée au centre du continent Kasanagara qui est situé à proximité du territoire des Démons.
Mais nous sommes actuellement sur le continent de Dastordia.
Il y a une distance outrageuse à parcourir pour s’y rendre.

« Quoi que tu puisses dire, il faudrait des douzaines de jours avant d’y arriver de là où nous sommes à moins de nous servir de Transfert. Sans ça, même si nous partons maintenant ce sera fini avant notre arrivée. »

Comme le dit Hyrinth-san, nous ne pourrons pas y arriver à temps à moins de nous servir de Transfert.
Même s’il y a un cercle de Transfert dans le château où nous avons sauvé Leston-niisama ainsi que les autres, mais le cercle de Transfert n’est plus fonctionnel.
Même s’il n’est pas complètement détruit, une technique avancée semble nécessaire pour le réparer. Personne parmi nous n’est capable de le faire.

« Ce n’est pas grave. Tant que je peux traverser jusqu’au continent Kasanagara, il y a un cercle de Transfert là bas que les Elfes gardent secret. »

Alors ce genre de chose existe.
Les cercles de transfert sont rares parmi les outils magiques et ils sont vus comme plus important que les pierres d’Analyse de haut niveau.
Alors en garder une secrète.
La capacité à s’organiser des Elfes semble plus élevée que je ne pouvais l’imaginer.

Mais maintenant que j’y pense, ils ont réussi à rassembler tous les réincarnés, ce n’est donc pas si étrange.

« Cependant, même si nous l’utilisons, cela nous prendra plus de 10 jours. Même si je ne sais pas dans combien de temps l’armée atteindra le village des Elfes, s’il y a un rapport en parlant, alors l’armée doit marcher rapidement dans cette direction. Je ne pense pas que nous puissions y arriver dans les temps. »
« Je suis d’accord. Nous n’y serons pas dès le début de la bataille. Cependant il y a une barrière puissante qui protège le village et il y a aussi la forteresse naturelle que représente la forêt. C’est impossible que le village tombe avant d’y arriver. »

Sensei déclare cela.
J’ai l’impression qu’elle est confiante quant aux défenses du village.

« Ou plutôt, le problème serait d’arriver une fois que l’armée de l’empire se soit repliée. »
« Comment peux-tu t’avancer à ce point ? »
« Le village est placé à proximité du territoire des Humains et des Démons. Ce n’est pas une forteresse facile à prendre. »
« Je vois. »

Hyrinth-san me regarde.

« Et, comment fait-on pour traverser jusqu’au continent de Kasaganara ? »
« Le seul chemin possible est de passer par le Grand Labyrinthe d’Elro. »
« Tu penses que c’est possible ? »
« Je ne sais pas. »

Le Grand Labyrinthe d’Elro.
Le seul chemin terrestre connectant les continents.
L’océan est rempli de dangereux Dragons d’eau. Personne ne peut passer par là.
Il est dit que même si une personne vole au dessus de l’eau il se fera tirer dessus sans pitié.

Le Grand Labyrinthe d’Elro est un gigantesque labyrinthe qui connecte les deux continents en passant par les sous sols.
Il est dit que vu sa taille, sans guide c’est impossible d’en sortir une fois à l’intérieur.
De plus, il s’y trouve de nombreux monstres qui utilisent le poison ce qui peut devenir compliqué si des mesures ne sont pas prises.

Le labyrinthe le plus grand est aussi l’endroit le plus dangereux de la planète.
Cependant, en suivant un guide et en passant par le bon chemin, on risque peu de choses.
Enfin normalement.

« Il pourrait y avoir une embuscade à l’entrée du Labyrinthe. »
« Je suis d’accord. »

Vu l’importance du Grand Labyrinthe d’Elro, l’entrée est fermement gardée.
La raison pour laquelle il n’y a aucun Démon sur le continent de Dastordia est qu’ils ne peuvent pas passer par le Labyrinthe et sortir là où ils le souhaitent.
Pour nous qui sommes recherchés, c’est difficile d’y entrer et d’en sortir.
Si une garnison est placée là bas pour nous arrêter, c’est encore pire.

« Shun, qu’est ce que tu veux faire ? »
« Eh ? »
« Oka-san semble vouloir aller coûte que coûte au village des Elfes. Je demande juste ce que Shun veut faire. »

Huh ?
Je comptais y aller avec Sensei.
Il y avait un doute là-dessus ?

« Eh ? Je pars avec Sensei bien sûr. »

Yrinth-san se met soudainement à soupirer sans que je sache pourquoi.

« Shun, comprends tu ta position ? »
« Eh ? »
« Nous sommes actuellement pourchassés mondialement pour avoir commis un coup d’état et le principal coupable est censé être Shun, pas vrai ? »
« A-Ah »
« Est-ce que c’est vraiment nécessaire que tu ailles au village Elfe sans même comprendre ta position ? »

Je réfléchis.
Je peux comprendre le point de vue d’Hyrinth-san.
Je n’ai pas l’obligation de protéger les Elfes.
Mais c’est du point de vue d’Hyrinth-san.

« Hyrinth-san. J’ai des amis venant de la même ville que moi là bas. Je ne peux pas les laisser tomber. »

Hyrint-san semble surpris et dévisage Sensei qui elle confirme ce que je raconte d’un mouvement de tête.

« De plus, je dois en terminer avec Yuugo. »

Est-ce qu’il a senti que j’étais déterminé ? Hyrinth-san ferme les yeux et se contente d’acquiescer.

« Je comprends. Si Shun pense que c’est le mieux alors je n’ai pas d’objection. Je vais te suivre pour te protéger. »
« Merci. »
« Moi aussi je t’accompagne. »

Katia rappelle qu’elle est là en montrant qu’elle compte venir comme Hyrinth-san.
Pour être honnête, je ne veux pas prendre Katia avec moi jusque sur le champ de bataille puisque je suis inquiet pour elle, mais après être arrivé aussi loin ça m’étonnerait qu’elle accepte de rester ici.
Katia est considérablement forte et si elle reste proche de moi, il ne devrait rien lui arriver.
Même si c’est le cas, je peux me servir de résurrection grâce à « Compassion ».
C’est dangereux de trop se reposer dessus, mais c’est mieux que rien.

Même si la compétence de résurrection « Compassion » est à considérer comme une compétence de tricheur, c’est en vérité beaucoup plus limité que ce qu’il n’y parait.
Tout d’abord, c’est inefficace si ce n’est pas tout de suite après la mort.
SI ce n’est pas dans les cinq minutes après la mort elle ne fonctionnera pas.
Quand Père est mort, si je l’avais réanimé dès le début, tout ça ne serait peut-être pas arrivé.
Cependant j’ai été battu par Yuugo et il m’avait blessé.
Si je ne suis pas en parfaite condition c’est inutile.
De plus, si je veux que ça fonctionne, il faut que le corps ne soit pas complètement détruit.
Sans tout cela, c’est impossible.

De plus, si je réanime une personne de plus, Tabou atteindra le niveau 10 ;
Si cela se produit, quelque chose d’horrible est censée se produire.
Si c’est possible, j’aimerais l’éviter, mais si mes camarades meurent, je vais probablement agir sans hésiter.

« Malheureusement. Je ne suis qu’un handicap au combat. Je vais rester ici et commencer les préparations pour récupérer la capitale.3

Leston-niisama semble avoir décidé de rester.

« Dans ce cas, je vais faire de mon mieux pour aider Leston-sama. Je ne pense pas être suffisamment forte pour aider Shun-kun à partir de maintenant. »

On dirait que Clevea semble vouloir rester avec Niisama.

« Dans ce cas laissez moi accompagner Shurein-sama ».

Anna semble elle vouloir venir avec moi.
Pour être honnête, c’est un peu surprenant puisqu’elle est une demie Elfe et que nous comptons aller au village des elfes.

C’est un endroit réservé à la race des Elfes.
Même les demi-elfes qui sont pourtant à moitié semblable n’y sont pas acceptés.
Peut-être parce qu’ils ne sont qu’à moitié semblable.
En tout cas, les demi-elfes qui sont nés dans le village et qui y grandissent sont considérés comme des parias qui à partir du moment où ils sont capables de se débrouiller par eux même sont bannis du village sans discussion possible.
Dans le pire des cas, il est dit qu’ils peuvent être jetés dehors quand ils sont encore des bébés.

Anna a passé son enfance dans le village Elfe et a fini banni. Le village Elfe ne devrait pas être un endroit dont elle a de bons souvenirs.

« Anna. Tu n’as pas besoin de te forcer d’accord ? »
« Non, je ne me force pas. Je ne peux juste pas me pardonner ce qui s’est produit. S’il te plait prends moi avec vous. »

Anna semble perdue.
Pour être franc, c’est un état un peu dangereux.
Qu’elle reste ou parte, aucun des deux ne lui convient.
Dans ce cas c’est mieux de la garder avec nous.

« Je comprends. »
« Shun »
« C’est bon. Anna n’en fais pas trop et reste avec moi. »
« Oui. »

Je réponds à Katia qui semble critiquer ma décision et qui veut m’affronter du regard.
Même si je ne suis pas tout à fait sûr de ma décision, Anna est une excellente magicienne parmi les hommes.
Si son état d’esprit est stable, il n’y aura pas de soucis.
Je vais la garder à l’œil jusqu’à en être sûr.

J’ai l’impression de renverser les choses maintenant.
A l’époque, Anna était celle qui me protégeait et m’apprenait de nombreuses choses.
Maintenant, c’est à mon tour de la protéger.

« Maintenant que tout est décidé, commençons les préparations. »

Tout le monde se met en mouvement sous l’ordre d’Hyrinth.
Premièrement nous devons atteindre le Grand Labyrinthe d’Elro.
Commençons par ça.

Cette nuit, Katia visita ma chambre.

« Qu’est ce qu’il y a ? »
« Non, c’est juste que j’ai quelque chose à te dire. »

Je me prépare puisque cela semble grave vu le visage de Katia.

« Tu as entendu l’histoire des étudiants manquant de Sensei, n’est ce pas ? »
« Ah. »
« Parmi eux, quatre personnes sont mortes. »
« Je vois. »

Je m’y attendais un peu.
Mais même si c’est le cas, l’entendre me choque un peu.

« Pourquoi veux tu parler de quelque chose comme ça maintenant ? »
« Si nous allons au village des Elfes, nous allons retrouver nos anciens amis, n’est ce pas ? Je me suis dis que ce serait mieux pour toi de connaître le nom de ceux qui sont morts avant d’y aller. »
« Je vois, merci. Tu savais que ça me déprimerais de l’apprendre et c’est pour ça que tu ne m’en a pas parlé jusque là pas vrai ? »
« Oui. »
« Dans ce cas, dis moi. Qui est mort ? »
« Je vais commencer par ceux qui sont les plus proches de nous. Tout d’abord, Kogure. »

Kogure.
Je ne le reverrai plus jamais.

« Ce n’était qu’un pleurnichard même si c’était un élève de lycée. »
« Ah. Quand Kogure a perdu à pierre papier ciseaux et qu’il a été choisi pour faire le ménage et qu’il a pleuré. »
« Dire « c’est impossible ». Une fois il est même arrivé à l’école en pleurant parce que sa console était cassée. »
« Ah, c’est vrai.

Nous parlons de Kogure pendant un moment.

« Ensuite il y a Hayashi. »
« Celui du club de tennis de table ? »
« Oui, ce Hayashi là. »
« Même si nous ne nous entendions pas trop bien, je me rappelle qu’il m’avait bousculé durant le cours de sport où nous faisions du ping pong. »
« Moi aussi. D’habitude il n’est pas très nerveux, mais dès qu’il tient une raquette sa personnalité change totalement. »
« Il envoyé des Smashs en hurlant « Tornade du Smash Mortel ! »
« C’était très amusant. »

« Ensuite il y a Wakaba-san. »
« Eh ? La bishoujo de l’école ? »
« Oui »
« C’est une grande perte pour le monde ».
« Effectivement. Même si elle était taciturne et inexpressive, elle avait un sacré charisme. »
« Elle était l’idole de l’école après tout. Ce qui est quand même étonnant puisqu’elle n’était pas très athlétique. »

(note : Bishoujo de ce que je sais signifie « joli garçon ». Vu que là c’est une fille ça veut sans doute dire « jolie fille », mais je peux pas l’affirmer.)

« La dernière personne est Sakurasaki. »
« Un ami de Yuugo, huh ? »
« Ah, C’était celui qui l’arrêtait et il était aussi le seul à pouvoir lui parler d’égal à égal. »
« Quand Yuugo faisait quelque chose d’idiot, il était là pour l’arrêter. »
« En plus, il venait s’excuser à sa place discrètement. En disant que Yuugo était vraiment désolé. »
« Je vois. Puisqu’il n’y a plus Sakurasaki-kun, c’est peut-être pour ça que Yuugo est comme ça. »
« Qui sait. »
« Je me demande pourquoi. Pourquoi est-il devenu comme ça ? On s’en sortait bien au Japon pourtant. »
« Nous avons fini par renaître dans un autre monde. Tout le monde change. Yuugo a juste changé de la mauvaise façon. C’est tout. »
« Katia n’a pas changé. »
« Tu le penses vraiment ? »

Je suis un peu confus vu le regard que me jette Katia en me répondant.

« Dis moi, qu’est ce que tu vois quand tu me regardes ? »
« Comment ça ? »
« Est-ce que tu vois Katia ? Ou est ce que tu vois Kanata ? »
« Eh ? Qu’est ce que tu veux dire ? »

Katia est Kanata, c’est donc la même personne.
Je ne comprends pas ce qu’elle veut dire.

« Haa. D’accord, très bien. Je n’ai pas l’air d’avoir changé ? Ou est ce que tu t’es persuadé que je n’avais pas changé ? »
« Je. Désolé. »

Je m’excuse auprès de Katia qui semble de mauvaise humeur sans que je ne comprenne pourquoi.

« Ça ne fait rien. Je savais déjà que tu étais ce genre de personne. »
« Qu’est ce que tu veux dire ? »
« Un idiot.»
« Hey, c’est un peu méchant. »
« Ce n’est pas méchant. Tu es un idiot tricheur et buggé. »
« C’est pas encore pire ? »
« Mettons ça de côté. Je trouve plus étrange encore le fait que tu ne changes pas. »
« Vraiment ? »
« Oui. Tu comprends la situation dans laquelle on se trouve ? »
« Bien sur que oui. »
« Alors pourquoi est ce que tu es aussi calme ? »
« C’est vraiment un problème que je sois comme ça ? »
« Pas vraiment, mais penses-y. Tes parents biologiques sont morts, ta demie sœur a été kidnappée et tu as été jeté hors de ta ville natale. C’est pour ça que tu dois te battre contre la personne responsable de tout ça. Malgré tout ça tu es quand même calme. »
« C’est que. »

Je me demande pourquoi.
Maintenant que c’est présenté comme ça.
Normalement, dans une situation pareille je devrais être soit désespéré soit en colère au point de perdre le contrôle de moi-même.
Et pourtant je ne ressens rien.
Non je ressens.
De la tristesse.
Mais il y a quelque chose de différent dans cette tristesse.
Je ne suis pas triste à cause des circonstances.
C’est,

[Tristesse]

Oui, triste.

[Le monde est laid]

Oui, ce monde qui grouille de massacres, c’est laid et c’est triste.

« Shun ? »
« Eh ? »
« Qu’est ce qu’il y a ? Tu avais l’air d’être perdu dans tes pensées. »
« A-Ah. Non ce n’est rien. »
« Vraiment ? Si tu es fatigué essaye de dormir d’accord ? »
« Oui, je vais faire ça. »
« Dans ce cas je te laisse. »

Katia quitte la chambre.
Je finis par prendre conscience que j’ai le dos trempé par la transpiration.
Pourquoi ?
Qu’est ce qu’il s’est passé à l’instant ?

Qu’est ce qui m’est arrivé ?

 

(Correction Kasaya