Maou-sama est consternée

Je vérifie la livraison de matériel et prends une pause.
Notre camp est considérablement fatigué après les batailles.
Armes, nourriture et en ressources démoniaques.
Nos sommes dans une situation où ce sera toujours insuffisant quel que soit la quantité à notre disposition.

J’efface mon envie de me reposer et continue à travailler.
J’ai beaucoup de choses à faire.

On me presse de me dépêcher de tout réorganisée pour la prochaine campagne et de confirmée les dégâts reçu pendant la précédente.

Nous avons réussi à infliger de sérieux dégâts chez les humains.
Surtout quand on considère que le Héros est mort.
L’arme ultime des humains est mort.
S’ils perdent ça alors le moral va baisser dans leur camp.
Même si un autre Héros est né quelque part, ça va prendre du temps de le trouver et il ne sera pas forcément aussi fort que le précédent.
Il y a la possibilité que ce ne soit encore qu’un enfant.
Puisque le Héros qui vient de mourir a reçu le titre quand il était enfant, ce n’est pas impossible.

Cependant les dégâts de ce côté sont immenses.
Il y a la perte du général Agna qui dirige la première armée.
Cette personne avait le pouvoir, l’expérience et les connaissances qui auraient pu être nécessaires pour devenir un Roi Démon.
Il s’est fait annihiler lui et son armée par un monstre de rang mythique, une reine Taratect qui est apparue soudainement sur le champ de bataille.
C’est une perte énorme.

Une Reine Taratect.
Un monstre de rang supérieur qui est apparu aussi soudainement qu’elle a disparu.
Je ne pense pas qu’elle se soit retrouvée là par accident.
Si c’est le cas,…

« Oh ? Ne serait-ce pas Balto ? Qu’est ce qu’il y a ? »

J’arrive à contenir un tremblement.
Quand je me tourne, je peux voir le visage de la personne que je ne veux absolument pas voir en ce moment.
Maou-sama.
A côté d’elle se trouve Shiro.

« Hey, hey. On dirait que tu travailles dur. Travail Travail »
« Si vous trouvez, alors n’hésitez pas à m’aider. »
« Je dois décliner ta proposition. »
Maou-sama se met alors à rire.
On dirait qu’elle est de très bonne humeur étrangement.
Shiro tire alors Maou-sama par la manche.

« Ah, c’est vrai. Balto, nous avons reçu les colis ? »
« Colis, c’est ça ? Si vous parlez des colis les plus importants, c’est fait oui. »
« Oh ! Shiro-chan, ne restons pas comme ça alors ! Balto, il y a bien un colis pour moi, n’est ce pas ? »
« Eh ? »
« Eh ? »

Maou-sama et moi penchons notre tête sur le côté.
Je ne pense pas avoir entendu parler d’un colis comme celui-ci.

« D’ailleurs, que contient-il ? »
« Les meilleurs Kurikuta existant. »
« Ah. »

Je pense savoir où il se trouve.

« Ah ? Il est là, n’est ce pas ? Où est ce qu’il se trouve ? »

C’est mauvais.
Je ne pensais pas que c’était le colis de Maou-sama.

« Et bien, je l’ai donné à Sanatoria. »
« Pourquoi !? »
« Je suis désolé. Puisque Sanatoria aime manger du Kurikuta depuis des siècles, j’ai cru que c’était à elle. »
« Qu..o..i ? »

Maou-sama déprime.
Shiro quitte alors notre compagnie et se met à courir.
Maou-sama et moi comprenons ce qui se passe et nous mettons à la poursuivre.
Après un virage dans un couloir, je peux voir Shiro en train de fracasser la porte de la chambre de Sanatoria.

« Eh ?! Quoi ?! »

A l’intérieur on peut entendre la voix surprise de Sanatoria.
Shiro se raidit une dernière fois et la porte se brise.
Elle ouvre alors ses yeux en grands.

Alors que je jette un coup d’œil à l’intérieur je peux voir le visage de Sanatoria et de Kogou.
Et, sur la table un plat entièrement vide.

« A-ah… »

Shiro semble désespérée.
Maou-sama semble elle aussi complètement figée et ne bouge plus du tout.
« Fuu. »
« Shiro-chan ?! »

Shiro tombe soudainement par terre sur son dos en frappant d’abord sa tête contre le sol dans un bruit lourd avant qu’elle ne s’arrête complètement de bouger.

« Gyaa !? Shiro-chan ?! »

Est-ce que c’est vraiment un choc suffisant pour perdre conscience de ne plus pouvoir manger un fruit pour elle ?
Je commence à douter du fait qu’elle soit vraiment celle qui a tué le Héros.
Cependant, je crois que je peux le comprendre quand je repense au moment où elle a ouvert les yeux il y a un instant.
Au moment où je les ai vu, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un frisson d’horreur me parcourir le corps.

« C’est mauvais ! Shiro-chan ne respire plus ! MEDECIN ! »

Maou-sama s’en va en emportant Shiro avec elle.

Elles me laissent seul avec les deux autres personnes qui n’ont toujours pas compris la situation.
Sanatoria se fait toute petite dans son fauteuil et Kogou semble tout pâle.

« Qu’est ce qu’il vient de se passer ? »
« Ah. Désolé. Les fruits que j’ai fait livré ici étaient en fait destinés à Maou-sama, j’ai fait une erreur. »

On dirait que Sanatoria a fini par comprendre.

« J’ai trouvé que c’était étrange puisque je n’avais rien demandé. Puisque je parlais à Kogou nous avons mangé ça ensemble. »
« Désolé. C’est ma faute. »
« S’il te plait, fais ça bien pour les suivants, d’accord ? Je ne veux pas me faire exécuter pour une raison stupide. »
« Ah. »

C’est impossible qu’un général puisse se faire exécuter pour quelque chose d’aussi stupide.
Malheureusement je ne suis pas sûr de ça puisque l’on parle de Maou-sama.

« Cependant, c’est plutôt inhabituel pour toi de parler avec Kogou. »
« Pourtant nécessaire. Tu devrais nous rejoindre. »
« Comment ça ? »
« De notre contact avec les elfes. »
« Quoi ? »
« On dirait que le général Agna avait mis en place des négociations avec les elfes et ils viennent de me contacter moi. »
« Est-ce que c’est vrai ? »
« Oui. Est-ce que tu te sens de trahir le Roi Démon et nous rejoindre ? »

Je m’arrête complètement en écoutant les mots que Sanatoria prononce.

« Tu en as entendu parler pas vrai ? Des derniers instants de Blow. Alors que Shiro a le pouvoir de tuer instantanément le Héros, elle n’a rien fait pour protéger Blow qui a fini par mourir. Si nous suivons ce Roi Démon, il est clair que nous allons tous finir par être utilisés et jetés tôt ou tard. Si nous arrivons à nous jouer d’elle et la faire affronter les elfes, nous devrions être capables de la battre. »

Je regarde dans la direction où j’ai vu Maou-sama pour la dernière fois.

« Blow était ton petit frère n’est ce pas ? Tu n’es pas frustré ? »
« Bien sûr que je le suis. »

Un ton grave sort d’entre mes lèvres.
Sanatoria recule d’un pas en entendant ma voix.
Je soupire en la voyant faire.

« Puisque nous sommes amis d’enfance. Je vais prétendre que je n’ai jamais entendu tout ça. »
« Donc tu ne nous rejoins pas ? »
« Parce qu’il n’y a aucune chance de gagner. »
« Pourquoi penses tu ça ? »
« Je ne peux pas la battre. Si elle en a envie, elle peut exterminer les humains et les démons, toute seule. J’en suis certain. C’est pourquoi je ne ferai rien de suicidaire comme me mettre en travers de son chemin. »

Je tourne le dos à Sanatoria qui est silencieuse et Kogou qui est mal à l’aise et qui n’a pas dit un mot depuis un moment.

« Tu devrais prendre le temps d’y réfléchir. »
« Je peux te dire la même chose. »

Je commence à marcher sans me retourner.


« J’ai entendu, j’ai entendu. Les Elfes, huh ? Ce sont vraiment des plaies. »

 

(Correction Kasaya)

 

Chapitre précédent | Sommaire | Chapitre suivant