Dresseur de serpent 2

Un échec et encore un et encore un et ainsi de suite. Reprenons depuis le départ.
Le premier serpent n’a pas apprécié ma présence. Bon, ce n’était pas surprenant. J’ai essayé de m’approcher, mais vu comment j’étais craintif, pas étonnant que le serpent se soit contenté d’être menaçant avec moi. J’ai d’abord tenté de faire rouler un œuf dans sa direction et il l’a avalé tout rond. Ça taille lui a permis de le faire sans problème et après quelques minutes il s’est contenté de recracher la coquille écrasée sans trop de difficulté.

Je m’étais dis que ça irait à partir de là, mais j’ai du rester à distance puisqu’il était toujours menaçant. J’ai fini par m’avancer en bravant ma peur. Je crois que j’ai plus peur de l’échec que de me faire mordre et c’est sans doute ça qui m’a motivé à avancer.
Bon naturellement avancer avec un œuf dans la main en direction du serpent en attendant la morsure n’est pas non plus une « stratégie ». Donc le serpent m’a mordu au niveau de ma jambe gauche en se précipitant sur moi, pile celle qui venait d’être rattachée. Il s’est ensuite enroulé autour de ma jambe en resserrant de plus en plus sa prise.

Au moins j’ai pu vérifier que je ressentais la douleur normalement. C’est le cas.
Je ne parle pas du fait que c’était extrêmement douloureux et que j’ai repris de l’antidote directement. J’ai bien essayé de faire en sorte que le serpent me lâche mais celui-ci n’avait pas l’air d’avoir envie et plutôt que de savoir ce qui serait le plus résistant entre ses crocs et la chair de ma jambe, j’ai pris le temps d’y réfléchir en buvant mon antidote. Je ne peux pas me contenter de tirer dessus comme si de rien n’était. J’essaye de l’attraper au niveau de la tête, mais rien n’y fait jusqu’à ce que finalement je réussisse à le faire lâcher.
Bon c’est vrai que pour le moment je ne saurais pas dire si c’est grâce à moi ou si c’est sa décision de me lâcher. Le serpent se contente de ramper sur le sol en direction du mur comme si de rien n’était et moi je verse de l’antidote sur la blessure. Au moins il ne s’acharne pas à me mordre sans s’arrêter.

Je suis ensuite sorti de la pièce en exprimant mon mécontentement avec des jurons et en frappant les murs. Ça c’était le premier échec. J’ai donc décidé de passer au deuxième serpent. Je ne parlerai pas du temps que ça m’a pris de remettre Alpha dans son vivarium en me servant des crochets.

J’ai décidé de changer de méthode du coup sur un autre serpent. Après l’avoir fait rentrer dans la cage centrale, j’ai décidé de me servir des crochets pour le maîtriser et m’approcher sans problème. Ça a plus ou moins marché. Au début c’était efficace jusqu’à ce que qu’il se défasse du crochet que j’avais posé sur lui et qu’il remonte jusqu’en haut du crochet et qu’il me morde la main avant que je puisse faire quoi que ce soit. J’ai réussi à le faire lâcher et j’ai fini par comprendre pourquoi « Bravo » le deuxième serpent comme Alpha on finit par le faire. Dans ma précipitation à prendre l’anti-venin j’en avais versé sur ma main que j’ai approchée du serpent. Apparemment l’odeur est suffisante pour lui faire lâcher prise lentement et en contact direct avec l’intérieur de sa bouche c’est pratiquement immédiat.

En appuyant sur la base de sa mâchoire j’ai ensuite réussi à lui faire lâcher sa prise complètement. J’ai insisté une seconde fois sur cette méthode de dressage avec lui qui consiste à le bloquer sous un crochet, mais étrangement le deuxième Serpent « Bravo » n’avait vraiment pas l’air de m’apprécier et se contente d’être agressif dès que je l’approche un petit peu. Il n’aime pas être bloqué sous la pince étonnamment. J’ai vraiment l’impression de rater quelque chose d’important dans ma façon de faire.
Après deux nouvelles tentatives avec cette méthode j’ai fini par le remettre dans le vivarium et passer au suivant. « Charlie » ne fut pas plus gentil que les deux précédents, ainsi que « Delta ». L’avantage à changer de serpents est que je commence à me faire à l’idée de les approcher et de me faire mordre. Bien entendu j’ai toujours un sursaut dès qu’ils se mettent à bouger rapidement, mais je dirais que c’est mieux qu’avec Alpha.

Je suis plutôt content de voir que je réussis à les faire lâcher prise sans trop de problème. J’ai au moins appris ça. Enfin je ne m’attendais pas à ce que l’antidote puisse avoir ce genre d’effet. Personnellement je ne trouve pas que l’odeur ou le goût soit si désagréable que ça, mais j’imagine que pour un serpent ça doit être le cas. Je remets quand même en question mon sens du goût à cause de ça, mais passons.

Ce qui ramène à maintenant et à moi qui réfléchis à un changement de méthode. Qu’est ce qui a marché avec Micha et qui ne marche pas ici… ?
Elles étaient dans une cage jusqu’à ce que je les libère, mais la sensation que j’ai ressenti à ce moment là était sans doute déjà quelque chose qui provenait du lien. Donc, le lien existait un peu avant que je ne libère les souris…
Ce qui veut dire que j’ai sans doute trouvé une méthode qui convenait en me servant des croquettes et à force de laisser ma main contre la paroi de la cage.
Est-ce que je peux dire que ma méthode fait la même chose ici ? Je lâche les serpents dans une plus grande cage et j’essaye de les approcher sans succès avec et sans crochet. Même en me servant d’œufs ils n’ont pas l’air de vouloir m’approcher pour se nourrir. Ce qui signifie que je ne pourrais pas me servir de nourriture pour en amadouer un.
Est-ce que je dois passer à la méthode violente pour que ça fonctionne ? Je n’ai pas spécialement envie et je suis sûr que c’est une facilité qui se payera plus tard. Si les bases ne sont pas solides comment une relation peut évoluer dans le bon sens ? Je veux continuer avec mon idée de famille et si je commence à être violent directement alors je ne suis pas digne d’avoir Micha avec moi et de faire de quelqu’un que j’ai forcé un membre de ma famille. Je pense que la méthode violente n’est a utiliser qu’en dernier recours. Vu que j’ai des antidotes et mêmes s’ils me mordent je ne risque rien à part de légers saignements donc je n’ai probablement pas besoin d’être violent. J’ai juste besoin d’une méthode qui fonctionne.

Je vais changer de vivarium pour le moment et continuer sur ma lancée. D’abord une méthode…

J’approche le deuxième vivarium et passe à « Echo » que je fais rentrer dans la cage centrale.
Cette fois ci je ne prends pas d’œuf puisque je ne pense pas pouvoir m’en servir pour l’amadouer. Allons y en faisant du mimétisme pour voir ce que ça donne.

Je n’ai pas spécialement envie de partir avec le visage en avant puisque c’est sans doute un des seuls endroits où je n’ai pas envie de me faire mordre donc je commence à ramper dans sa direction avec les deux bras en avant le plus lentement possible. Du côté d’Echo pas de réaction, il se dresse un peu dans ma direction et commence à me menacer en faisant un son qui ressemble à un « hiiiiissss ». Je me fige et j’attends qu’il se calme. Je suis à un mètre de lui pour le moment et il lui faudra sans doute moins d’une seconde pour casser la distance entre nous deux et atteindre mes mains. Le son qu’il fait ne s’arrête pas et semble devenir plus fort jusqu’à ce que finalement il attaque ma main par terre et me morde entre le pouce et l’index. J’agite mon bras par réflexe pour essayer de le faire décrocher, mais sans succès. Je finis par l’attraper au niveau de la tête et l’oblige à lâcher en essayant de rester le plus calme possible. Je continue alors à lui attraper la tête et même s’il réagit violemment il ne peut plus rien faire. Je me mets ensuite à boire de l’antidote avec ma main blessée. Le serpent continue de s’agiter, mais finit graduellement par se calmer. Je réajuste ma main sur sa tête pour ne pas l’empêcher d’utiliser sa langue. Grâce a des documentaires je sais que les serpents n’ont pas de paupières et qu’ils utilisent leur langue à la place et je n’ai pas envie de le torturer en le forçant à « garder les yeux ouverts » si je puis dire, en restant appuyé sur sa mâchoire comme ça.

Le serpent semble se calmer entre mes mains et j’ai l’impression d’avoir progressé dans la bonne direction et décide de lui lâcher la tête. Tout semble bien se passer, enfin jusqu’à ce qu’il me morde encore une fois et puis encore une fois et encore une autre… avant que je n’aie le temps de faire quoi que ce soit.

Je vais le dire calmement, mais ça commence à être « frustrant » pour moi à ce niveau là, voir même « irritant ». C’est la première fois que je tiens un serpent entre les mains et celui-ci ne pense qu’à me tuer.

Chapitre précédent | Index Chapitre Suivant