La vie à l’académie

La vie à l’académie est très sympa.
Bien que la plupart des étudiants ait déjà appris le contenu des leçons avant, j’écoute avec attention pour tout revoir. Si je m’ennuie vraiment je monterai mes niveaux de compétences discrètement pour tuer le temps.

Bien que tout ait l’air calme, il y a de nombreux problèmes entre les humains.

Tout d’abord les professeurs.
Je dois rester humble ou ne pas m’impliquer autant que possible ou encore si je m’implique je le fais totalement. Ça se résume à ses trois options.
Puisque je fais partie de la famille royale, mon niveau dépasse totalement celui de mes professeurs. Même si je suis humble si le professeur me demande quelque chose je ne suis pas capable de cacher mon talent et si je ne fais rien je blesse mes professeurs.
Cependant c’est quand même ennuyeux que l’on me demande tout le temps de faire les choses.
S’ils veulent me parler autant qu’ils le fassent normalement, mais peu de professeur le font.

Ensuite les étudiants.
Là encore il y a trois options.
Ceux qui flattent, ceux qui gardent leurs distances et ceux qui se montrent hostiles.
Il n’y a pas de normaux.
C’est pour ça qu’au final je reste souvent avec Sue et Katia.
Hasebe reste avec nous et nous passons le plus clair de notre temps ensemble.

Généralement Katia s’occupe de faire fuir ceux qui flattent. Puisque c’est clair que je vais me forcer à sourire et à prendre le temps de le faire, j’étais impressionné de voir que Katia est capable de le faire sans hésiter.

Ceux qui créent de la distance sont divisés en plusieurs types. Les étudiants qui observent avec admiration. Ceux qui regardent avec un regard froid et qui ne veulent pas créer de lien. Ceux qui attendent une opportunité pour pouvoir s’approcher, etc.

Les plus problématiques sont ceux qui montrent clairement de l’hostilité.
Soit ils viennent d’un autre pays, soit ce sont des nobles qui ont un problème avec la famille royale. Il y aussi des étudiants qui sont des simples civils de temps à autres. La chose qu’ils ont tous en commun c’est qu’ils sont très fiers. Ils ont tous des positions élevées dans la société ou des capacités qui sortent de l’ordinaire. Ce qui rend normal l’hostilité puisque j’ai à la fois plus de talent et une position plus élevée.

On m’a même parfois défié en duel.
Si quelqu’un d’un autre pays me propose ça j’ai l’obligation de refuser puisque sinon ça peut devenir un problème international.
Et quand je l’ai fait la réponse que j’ai entendue était « Le prince est un lâche qui n’accepte pas les duels ». Ce genre de rumeur a fini par se répandre dans l’académie.

Mais il ne faut pas que j’oublie que c’est le genre de choses que font les enfants.
Moi qui peux être considéré comme un adulte si on additionne les années, m’esquive avec un sourire. J’ai du plusieurs fois arrêter Sue qui s’est mise en colère à chaque fois.

Sue agit bizarrement depuis peu.
Elle a l’air de vouloir me demander quelque chose, mais elle n’y arrive pas. Enfin je crois.
Bon, j’ai quand même une idée sur ce qu’elle veut me demander. Je veux dire, Katia me l’a dit.

« Sue veut savoir à propos de nous. »
« Eh ? Nous ? »
« A propos de notre ancienne vie. Je pense qu’elle s’en est rendue compte depuis qu’elle a rencontré Sensei. »
« Ah. Maintenant que tu le dis, nous avons parler en japonais devant Sue. »
« C’est vrai. Elle va sans doute trouver étrange que le frère avec lequel elle a passé le plus de temps depuis sa naissance parle une langue inconnue avec des inconnus. »
« Je vois, c’est de ma faute. »
« En tout cas, si elle te demande c’est à toi de voir si tu lui dis la vérité ou non. »
« Eh ? Je ne devrais pas lui mentir ? »
« C’est à toi de décider si tu souhaites mentir à ta petite sœur de sang ou si tu lui dis la vérité. En tout cas, tu dois choisir et t’y tenir. Si tu ne le fais pas, ce serait méchant de ta part, non ? »
« Ugh, je comprends. »

C’est pour ça que Sue a l’air aussi curieuse de mes relations avec les autres.
Pour être honnête, je ne sais pas quoi faire.
Dire la vérité ?
Lui dire que la personne qu’elle pensait être son grand frère par le sang est en faite un inconnu qui s’est réincarnée ?
Lui dire et qu’elle me déteste ? Ca me fait peur.

J’ai toujours considéré Sue comme ma véritable petite sœur jusqu’à aujourd’hui, mais ce n’est que mon point de vue. Je me demande comment Sue me voit elle ? Je suis au courant qu’elle tient à moi, mais je me demande ce qu’elle va penser en apprenant que je suis en fait un étranger. J’ai grandi avec les souvenirs de mon ancienne vie. Est-ce qu’elle va me détester si jamais elle l’apprend ?
Je ne pense pas que Sue me déteste, mais le simple fait d’y penser une fois a insinué le doute.

Pour ce qui est de lui mentir, je n’ai pas envie de le faire. Si ma petite sœur est dans cet état juste parce qu’elle hésite à me parler, je ne peux pas me résoudre à lui mentir. Si je lui mens alors ce sera avec la résolution de le faire pour toujours.

Donc je ne sais pas, mais si Sue me demande je lui répondrai sérieusement.
Si Katia ne me l’avait pas dit, je penserais sans doute à lui mentir directement.
Je dois remercier Katia pour ses conseils.

C’est pour ça que ni mes relations avec des inconnus ou avec des amis dans l’académie ne se passe bien. Pourtant ceux qui me posent le plus de problème sont les trois autres réincarnées.

Sensei est toujours aussi mystérieuse. Quand j’ai l’impression qu’elle a disparu et qu’elle sèche un cours, elle apparaît comme ça à l’improviste.
Quand je lui pose des questions elle ne répond pas. Surtout quand je demande où se trouve Kyouya, c’est là qu’elle a tendance à éviter le plus de me répondre.

Kyouya est un ami proche de Katia et moi dans notre ancienne vie, mais Sensei ne souhaite pas nous dire où il se trouve.
D’après ce que j’ai compris, il n’est pas en sécurité. Même si je souhaite savoir où et qu’est ce qu’il est devenu, Sensei ne me dira rien de plus.

Hasebe est aussi une personne à problème. Son nom actuel est Yurin Uren.
Uren à l’air d’être le nom d’une église qui sert de substitut dans les orphelinats.
Hasebe, Yuri est une fille abandonnée. Il y en a beaucoup dans ce monde. Sur terre il y en avait beaucoup mais ici il y en a encore plus.

Ce n’est pas génial, mais l’église s’occupe d’eux et les force à y vivre pour la vie.
Cependant Yuri est différente. Après sa naissance, elle avait les souvenirs de sa vie précédente donc elle a remarqué qu’elle était devenue un bébé. Puisque je l’ai vécu je sais que ça fait un choc.
Je ne me sens pas à l’aise et je suis perdu.
Qu’est ce qu’il va m’arriver ensuite ?
Est-ce que je suis morte ?
Que s’est il passé ?

Ça n’avait jamais de fin pour moi. En plus de ça elle a été laissée à l’église. Le choc a du être plus important que le mien. Pour être honnête, je ne pense pas être capable d’imaginer ce qu’elle a vécu.

Yuri s’est accrochée à une chose, à la religion de la parole divine.
C’est une religion que prône l’église dans laquelle elle s’est retrouvée et c’est une religion très influente chez les humains.
Si je devais résumer l’idée je dirais que « Pour pouvoir entendre la parole divine continuons à développer nos compétences ».

Parole Divine. Je ne comprends pas trop.
Bien que ça ne soit que le système de message, j’ai trouvé ça naturel dans ce monde.
Je pense que ceux qui se sont réincarnées ont du être mal à l’aise en entendant la voix.
Que la voix soit naturelle va avec l’idée de compétence, c’est quelque chose de basique.

La religion de la Parole Divine prêche que cette voix dans la tête est une parole divine et que pour entendre la parole divine le plus possible, tout le monde doit améliorer le niveau de maîtrise des compétences.
De mon point de vue je me suis demandé quel est l’intérêt de quelque chose d’aussi stupide, mais pourtant c’est une religion acceptée par beaucoup de gens ici et Yuri qui devrait ressentir la même chose que moi s’est retrouvée immergée là dedans.

« Shun-kun a amélioré beaucoup de compétences. Je trouve ça merveilleux. Continuons à nous entraîner pour pouvoir entendre la parole de dieu. «
« Shun-kun n’a jamais passé de niveau ? C’est tellement dommage ! Si tu passes un niveau tu peux entendre la voix de dieu plus longtemps, tu sais ? Tu dois absolument améliorer ton niveau si tu veux entendre la voix de dieu. »
« Shun-kun peut se servir de « Analyse » n’est ce pas ? Si jamais elle voit une personne avec la compétence « Tabou » dis le moi. C’est impardonnable de posséder une compétence que Dieu a déterminé tabou. C’est absolument impardonnable. Absolument. Donc dis-le moi absolument, d’accord ? Tu me le promets, d’accord ? »
« Shun-kun, tu as encore maîtrisé des compétences et entendu la voix de dieu, pas vrai ? Ah, La parole divine a été entendue. La journée sera bonne. »

Je me suis éloigné.
Complètement éloigné d’elle.
J’ai l’impression que je ne peux rien faire face à ses yeux corrompus quand elle parle de Dieu.

Yuri n’était pas comme ça à la base. Elle était une fille normale comme on en trouve partout, mais l’environnement l’a transformée en celle qu’elle est maintenant.
La peur de la réincarnation.
Le désespoir d’avoir perdu ses parents.
La difficulté de vivre dans un monde différent.
Ce n’est pas étonnant que la parole divine qui s’entend en japonais soit devenue un support émotionnel.
De plus elle n’était qu’entourée de personnes qui vénèrent la parole divine.
C’était inévitable que Yuri qui est une personne facilement influençable deviennent addicte à la religion. Cependant je doute qu’elle se soit servie du fait qu’elle est réincarnée pour devenir une candidate au rôle de Saint.

La dernière personne est le plus gros problème. Natsume nommé Yuugo me considère comme son ennemi. Mais d’une façon pas ordinaire qui puisse être comparé à l’hostilité des autres enfants. Il y a des pulsions meurtrières dans son regard.

Je ne sais pas pourquoi il me regarde avec autant d’hostilité.
Ce gars va définitivement finir par faire quelque chose dans peu de temps.
C’est mon instinct qui me le dit.

(Correction Kasaya)

 

 

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