Le moment où j’ai perdu mon paradis.

J’ai encore passé une journée à ne rien faire chez moi. Les repas viennent tout seuls et je peux dormir autant que je veux dans ce dangereux donjon sans m’inquiéter grâce à mes mesures de sécurité. Puisque j’ai répandu de la toile sur le sol, j’ai presque l’impression d’avoir un lit. C’est devenu une habitude journalière pour moi de continuer à faire des fils tout en me relaxant. Ah, je me sens tellement bien. Quand je pense à mon ancienne vie, je me rends compte à quel point j’étais fatiguée avant. Je ne m’en étais même pas rendu compte mais c’est sans doute normal avec seulement quatre heures de sommeil non ?
Mon train de vie dans ma vie précédente se limitait à me lever le matin et d’aller à l’école. Une fois la journée finie, je rentrais chez moi et je ne faisais rien d’autre que de jouer à des jeux vidéo. Une fois que je ne pouvais pas faire autrement que de dormir, j’allais me coucher. C’était ça ma vie. Bien que ce soit amusant de jouer à des jeux, maintenant que j’y repense j’avais une sorte d’obligation d’y jouer. Vu que j’étais une des meilleurs joueuses et que je ne supportais pas le « Pay to win », j’essayais de continuer d’être en haut du classement avec fierté. Même si en fin de compte ça dépassait mes capacités humaines de faire ça.
Quelqu’un comme moi, vivre pour donner une sorte d’espoir au joueur sans argent. Ça me donne l’impression d’être une blague. Tellement de vanité. Je me rends compte que d’être le centre de l’attention ne me dérange pas. Comme je le pensais il semblerait que ce soit un des traits de ma personnalité qui n’ait pas changé.
Du coup vivre une vie où je n’ai rien à faire me donne plus de sensations de liberté. Au début je pensais que je ne pourrais pas supporter tout ce temps libre, mais il semblerait que ce n’était pas la peine de m’en faire. Même si je n’ai vraiment rien a faire puisqu’il n’y a ni jeu, ni Internet ici, ça reste supportable.

Il semblerait que ce qu’il me faut pour être heureuse est moins important que pour les gens normaux. Honnêtement, le simple fait d’être en vie me rend heureuse. Avoir de la nourriture et une maison me suffit. Même si je ne sais pas combien de temps peut vivre une araignée.
Mais je pense que je devrais quitter ma maison un jour. Sortir de l’ordinaire, changer d’environnement, ou juste l’arrivée d’un ennemi trop fort pour moi. Je ne sais pas quand mais ce moment arrivera. Il n’y a rien qui reste figé éternellement dans la pierre. Du coup je devrais m’y préparer petit à petit.

*

Bien que je vienne de le dire c’est beaucoup trop tôt ! Je ne suis pas préparé !
Devant moi se trouve une des entrées de ma maison qui s’embrase. J’étais en train de m’endormir quand soudainement des flammes ont commencé à remplir ma maison. La maison que j’ai mis tant d’effort à construire est en train d’être noyée ans un océan de flammes. La toile d’araignée dont j’étais tellement fière de dire qu’elle était invincible est apparemment extrêmement fragile contre le feu. Mais pourquoi y a-t-il des flammes comme ça chez moi ? Je connais la réponse presque immédiatement. Un humain. Il y a un homme dans les flammes une torche à la main. Il doit sans doute avoir brûlé ma maison en l’utilisant.

C’est mauvais; bien que je ne puisse pas le voir clairement, je peux voir le visage de plusieurs humains derrière l’homme à la torche. Je ne pense pas qu’il ait mis le feu sans faire exprès. C’est sans doute parce qu’ils ont peur des toiles. Alors ils doivent sans doute savoir que au milieu de toutes ses toiles, il y a une araignée qui n’est autre que moi.
Si je reste ici, j’ai deux choix. Soit je meurs à cause des flammes soit tuée par les humains. Heureusement les flammes n’ont pas encore atteinte l’endroit ou je me trouve et si je m’enfuis en passant de l’autre côté de mon nid, les humains ne devraient pas être capables de me rattraper. Je regarde ma maison une dernière fois. C’est ici que j’ai passé le plus de temps depuis que je me suis réincarnée. J’ai mis beaucoup d’efforts pour construire cet endroit. Après avoir fais tant de découvertes dans cet endroit et être passé de la joie à la tristesse ici… J’aime sans doute plus cet endroit que la chambre de mon ancienne vie. J’y ai passé tellement de temps.

Je commence à courir avec les flammes dans le dos et passe à travers mes toiles avec agilité. La dernière toile. Je ne pourrais jamais revenir ici une fois que je l’aurais passé. Il n’y aura plus de sécurité non plus. Même en pensant à ça je passe la dernière toile sans avoir d’hésitation et bien que j’ai envie de regarder derrière moi je ne le fais pas, je dois me concentrer sur ma fuite et m’en aller le plus loin possible.

Ainsi je me suis fait chasser de chez moi.

Bien que tout ceci soit un passé très lointain, les aventuriers qui on mis le feu à ma maison ont découvert une grande quantité de balles de fil que j’avais faites au centre de ma maison. Heureusement pour eux les flammes n’ont pas détruit ces balles et ils les ont gardé avec eux. Il semblerait que les vêtements fait avec ont été vendus pour une grande quantité d’argent. Il semblerait qu’un roi en a même acheté et que c’est devenu un sujet de conversation populaire pendant un certain moment, mais je n’ai appris ça que très longtemps après.

(Correction par Kasaya)

Chapitre précédent | Sommaire | Chapitre suivant